
(1) Les lasers pour l'épilation thermique,
S. Mordon
(2) Epilation laser : que dire au
patient ?, Dr I. Catoni, Dr J.-R. Manciet
(3) 2 ans d'expérience
d'épilation laser longue
durée : mythe ou réalité
?
Dr I. Catoni,
Dr J.-R. Manciet
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Les lasers (Lumière Amplifiée par Stimulation
d'Émission de Rayonnements) sont des sources de lumière
intense émises en règle générale sur une seule
longueur d'onde et dans une seule direction.
Plusieurs types de laser sont utilisés en médecine.
Ils vont porter des noms différents en fonction de leur longueur
d'onde, car c'est elle qui va conditionner leur pénétration
dans la peau et les cibles qu'ils vont toucher.
Ainsi :
Le Laser
KTP détruit les vaisseaux rouges ;
Le Laser
CO2 ou Erbium abrase les rides ;
Le Laser
Nd-Yag Q-switché traite les taches brunes ou permet le détatouage.
Pour l'épilation, on peut avoir recours à différents
lasers :
Laser
Rubis 694 nm
Laser
Alexandrite 755 nm
Laser
diode 800 nm
Laser
Nd:Yag 1064 nm
Lampes
Flash (assimilées à des lasers) qui peuvent aussi émettre
dans cette zone.

Qu'est-ce qui se passe quand nous nous réchauffons au soleil
?
La lumière a pu pénétrer la surface de notre peau,
et se transformer en chaleur, elle irradie ensuite en nous.
C'est un peu ce qui se passe avec le laser mais sur une toute petite
surface de peau et avec une intensité supérieure.
On va avoir :
Pénétration
de la lumière dans la peau dans la peau. Elle ne se fait que
sur quelques millimètres de profondeur.
Conversion
de la lumière en chaleur. elle se fait sélectivement
dans les tissus contenant des pigments absorbants. Dans l'Epilation Laser,
on recherche une absorption par l'eumélanine
(partie foncée de la mélanine) contenue dans la tige pilaire,
mais aussi plus ou moins présente dans le derme en fonction du
phototype.
Transfert
de cette chaleur vers les tissus profonds. c'est la troisième
étape, et elle est essentielle. Elle va permettre de conduire la
chaleur par la tige pilaire plus en profondeur que ne permettrait la simple
pénétration de la lumière.
Puis l'énergie calorique se diffuse dans les structures avoisinantes,
dont deux sont visées par la dépilation laser :
le bulge
où sont localisées les cellules germinatives du follicule
pileux ;
l'unité
matrice pilaire-papille dermique, lieu de synthèse du poil.
C'est la chaleur induite au niveau de ces cibles qui peut conduire aux
lésions tissulaires recherchées, et à la non-repousse
du poil. (photothermolyse sélective)
Le challenge de l'épilation laser est donc d'obtenir :
1. une destruction thermique des cellules assurant la pousse
du poil et situées à la base du follicule pileux.
2. de préserver les structures tissulaires adjacentes.

L'absence de mélanine dans le poil compromet le transfert de
chaleur, ce qui explique l'absence de résultats sur les poils blonds
ou blancs.
L'excès de mélanine dans la peau favorise un échauffement
cutané et le risque de brûlures superficielles, ce qui explique
qu'on ne puisse traiter les peaux mates et noires avec les lasers habituels.
On utilisera alors des appareils ayant des temps de pulse longs ou agissant
par un autre mécanisme, l'effet thermo-mécanique (ex : laser
Nd-Yag).
Le bronzage entraîne en plus une remontée des pigments
vers la surface de la peau, on comprend mieux pourquoi c'est une contre-indication
abolue à la pratique de l'épilation laser.

Avec une peau claire avec des poils bruns les conditions idéales
sont réunies. Dés qu'on s'en éloigne des précautions
particulières doivent être prises.

Entre la sortie de la cavité laser et le tissu cible, le faisceau
laser est transmis le plus souvent par une fibre optique. Cette fibre
est prolongée par une pièce à main qui permet à
l'opérateur de déclencher le tir laser en regard de la peau.
La zone d'impact sur la peau du " tir laser " est appelée
" spot ".
C'est une tache lumineuse de grande intensité qui est circulaire
et mesure quelques millimètres de diamètre.
Pour traiter une surface, il va falloir la couvrir dans sa totalité
et de la façon la plus homogène possible par une succession
de spots.
On va donc considérer deux types de paramètres et réglages,
1. ceux permettant de définir les caractéristiques du "
tir laser " ;
2. ceux permettant de favoriser la meilleure répartition des "
tirs laser " sur la peau.

La
longueur d'onde :
elle est constante pour chaque type de laser, mais pas pour les lampes
Flash qui ont un spectre plus large .
Le
diamètre du spot :
on considère qu'il doit être égal ou supérieur
à 7 mm.
Une grande surface de spot (max :15 mm) permet une pénétration
cutanée profonde permettant d'être efficace sur les poils
les plus longs (leur enracinement est proportionnel à leur longueur).
Une petite surface permet de concentrer la puissance utile de l'appareil
et d'obtenir une fluence plus élevée (utile pour les poils
fins ou le duvet " peu absorbant ".
La plupart des lasers permettent de choisir la taille du spot en fonction
de l'indication.
La fluence (exprimée en Joules):
c'est la puissance du tir. Dans son maniement le praticien est confronté
à deux objectifs contradictoires, être efficace et pour cela
il lui faut des fluences élevées, et être prudent
afin d'éviter un échauffement excessif de la surface cutanée
avec apparition de brûlures superficielles.
L'analyse du type de peau (phototype) et l'observation des réactions
cutanées (réaction
érythémato-papuleuse) permet de trouver le
meilleur compromis. Des tests et une augmentation progressive de la fluence
au cours des séances sont souvent réalisées.
Le
temps de pulse :
c'est la durée d'émission du tir, il conditionne grandement
le transfert de chaleur dans les différents tissus en fonction
de leur temps de relaxation thermique. En pratique, sur une peau claire
on utilise un temps de pulse court (2 à 15 ms), sur une peau mate
voire noire, on utilise un temps plus long (30 à 100 ms).
Le refroidissement cutané :
le but est de protéger l'épiderme afin de pouvoir augmenter
la fluence utilisable. Les moyens les plus habituels sont les gels refroidis
ou non, les saphirs avec circulation d'eau, les sprays cryogéniques.

Avec les lasers d'épilation de première
génération, les spots ne dépassaient pas 5 mm de
diamètre, ce qui veut dire qu'à chaque fois que l'opérateur
appuyait sur la commande de tir, il ne traitait qu'une surface de 5 mm
de diamètre. Il fallait donc effectuer 5 tirs pour couvrir un zone
de 1 cm2. Petit exercice, calculez le nombre de spots nécessaire
au traitement de vos jambes ou de votre dos
!
Ceci explique mieux la durée (et le coût) des premiers traitements
réalisés.
Les traitements sont désormais
plus faciles et plus rapides grâce,
à des spots de plus grande taille (10 à 15 mm)
l'utilisation conjointe d'un scanner
qui permet une répartition idéale des spots.Un
cadre prolongeant l'extrémité du laser permet de délimiter
sur la peau une surface de plusieurs cm2. Lors de l'appui sur la commande
de tir, le scanner déclenche une salve de " tirs " répartissant
de façon homogène les spots à l'intérieur
du cadre jusqu'à ce que toute la surface ait été
balayée de façon homogène par le laser.
La fréquence de tirs : les appareils ont besoin d'un peu de temps
pour se recharger entre deux tirs. Les appareils les plus rapides permettent
actuellement de travailler à 5 tirs par seconde, vitesse qui ne
serait d'ailleurs pas exploitable par l'opérateur sans l'assistance
du scanner.
De l'ordre de 5 minutes pour une lèvre supérieure,
de 15 à 20 minutes pour une zone moyenne (maillot, avant-bras..),
de 30 minutes pour des demi-jambes ou un buste, de 1 heure pour les jambes
entières ou le torse.
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Peau claire, poils bruns et épais
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Peau claire, poils fins ou duvet
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1. diamètre spot 10 mm
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1. diamètre spot 7 mm
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2. temps de pulse 2 ms
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2. temps de pulse 2 ms
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3. fluence 15 J
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3. fluence 22 J
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4. fréquence de tir 5 par sec.
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4. fréquence de tir 5 par sec.
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Peau légèrement mate, poils
bruns et épais
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Peau légèrement mate, poils
fins ou duvet
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5. diamètre spot 10 mm
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5. diamètre spot 7 mm
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6. temps de pulse 30 ms
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6. temps de pulse 30 ms
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7. fluence 2O J
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7. fluence 28 J
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8. fréquence de tir 5 par sec.
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8. fréquence de tir 5 par sec.
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